Doc Santé | L’arthrose

L’ostéoarthrite, plus connue sous le nom d’arthrose est une affection qui touche les articulations. Elle est très fréquente : plus de la moitié des personnes de 50 ans et plus en souffrent à des degrés divers. Particulièrement handicapante et limitée auparavant aux personnes relativement âgées, elle toucherait des personnes de plus en plus jeunes.

Si les premiers symptômes de la maladie apparaissent dans certains cas dès 40 ou 50 ans, la maladie aurait en réalité débuté bien plus tôt. D’après les estimations de certains spécialistes, 5 % des personnes âgées entre 35 et 54 ans présenteraient des signes arthrosiques visibles avec une radiographie.

L’arthrose, c’est quoi ?

Il s’agit d’une affection chronique qui touche les articulations. Elle est due à une détérioration ou usure anormale du cartilage. Cette dégénérescence du cartilage se produit sans inflammation ni infection. L’arthrose est évolutive : après le cartilage, l’affection va atteindre les autres structures de l’articulation, notamment l’os et créé dans certains cas des déformations osseuses.

Notez que le vieillissement normal du cartilage ne peut être à l’origine de l’arthrose

Les articulations les plus fréquemment touchées par l’arthrose sont le genou (on parle alors de gonarthrose), la hanche (on parle alors de coxarthrose), les doigts (on parle alors d’arthrose digitale) et diverses articulations de la colonne vertébrale. Si ces articulations sont le plus souvent affectées, l’épaule, le coude, le poignet, la chevillepeuvent l’être également.

Arthrose du genou

Quels sont les symptômes de l’arthrose ?

Au début de la maladie, l’individu qui souffre d’arthrose l’ignore dans la majorité des cas : l’arthroseArthrose de la colonne vertébrale est en effet asymptomatique à ses débuts. Une fois avancée, elle se caractérise par des douleurs au niveau des articulations. Ce sont ces douleurs qui motivent généralement la consultation et permettent de la diagnostiquer.

Ces douleurs sont dites « douleurs mécaniques » c’est-à-dire liées à l’utilisation de l’articulation touchée. Ces douleurs vont ainsi avoir tendance à diminuer voire à disparaitre lorsque l’articulation est au repos et à l’inverse être déclenchée et s’aggraver lorsque l’articulation touchée est en mouvement. Ces douleurs seront également moins intenses le matin et augmenteront au fil de la journée pour atteindre leur paroxysme dans la soirée : elles gênent souvent l’endormissement des personnes arthrosiques et plus de 50 % d’entre elles se réveilleraient la nuit à cause de ces douleurs.

Que faire, quand et à qui s’adresser ?

Etant une maladie à ses débuts asymptomatiques, l’arthrose est déjà à un stade plus ou moins avancé lorsqu’elle est diagnostiquée. C’est lors d’une visite chez le médecin que ce dernier va évaluer la gravité de l’affection. Le professionnel de santé va ainsi interroger son patient afin d’évaluer le degré de douleur que celui-ci ressent sur une échelle graduée de 1 à 10. Le médecin recherchera ainsi si la douleur est provoquée avec la palpation et s’il y a déformation articulaire. Il contrôlera également les mouvements et leur amplitude.

Ce questionnaire va entre autre permettre au médecin d’évaluer le handicap causé par la maladie et son impact dans la vie quotidienne.

Divers examens complémentaires peuvent également être réalisés notamment une radiographie qui reste l’examen le plus probant. Cet examen permet de constater la diminution de l’épaisseur du cartilage, la présence de condensation osseuse en dessous du cartilage, la présence d’excroissances osseuses, etc.

Quels sont les traitements ?

L’arthrose se développant de manière différente chez chaque personne, un traitement personnalisé doit être mis en place, au cas par cas. De manière générale cependant on peut présenter trois grandes catégories de traitements : la prise en charge non-médicamenteuse, la prise de médicaments et dans certains cas la chirurgie.

La prise en charge non-médicamenteuse va se traduire essentiellement par la mise au repos de l’articulation touchée, l’utilisation d’une prothèse et la pratique d’une activité sportive adaptée. Le régime alimentaire sera également étudié de près pour que le patient en surpoids maigrisse. La perte de poids permet en effet d’améliorer de manière considérable le confort des patients. Chez les personnes en surpoids, cet amaigrissement retarderait même l’évolution de la maladie.

Au niveau des médicaments, les plus couramment utilisés sont les antalgiques simples, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticoïdes. D’autres médicaments sont également utilisés pour protéger le cartilage et limiter ou retarder l’évolution de la maladie. Enfin, des crèmes, pommades et autres emplâtres peuvent être appliqués sur les articulations pour soulager la douleur et calmer l’inflammation le cas échéant.

Dans les cas d’une arthrose particulièrement avancée la mise en place d’une prothèse nécessitant une intervention chirurgicale, notamment pour la hanche ou le genou, peut être envisagée.

Enfin, physiothérapie et l’ergothérapie peuvent également être proposé au patient.

Quels sont les facteurs de risques ?

Comme pour la plupart des maladies certains facteurs de risques augmentent la probabilité de souffrir d’arthrose. Parmi les facteurs non-modifiables on

peut citer l’âge (plus on vieillit, plus l’arthrose est présente), le caractère héréditaire (on parle même d’ « arthrose familial »), le sexe (les femmes sont plus exposées à l’arthrose que les hommes).

D’autres facteurs de risques peuvent par contre être modifiés. Il s’agit notamment du surpoids, d’une pratique sportive trop intense ou d’un travail répétitif, dans une mauvaise position (aussi bien pianiste que maçon). Ces trois facteurs de risques sollicitent de manière plus importante l’articulation favorisant ainsi l’apparition de l’arthrose.

Notez également que dans certains cas, une ancienne fracture ou autre traumatisme au niveau de l’articulation peuvent favoriser l’apparition d’arthrose.

Quel est le meilleur moyen de prévenir l’arthrose ?

Pour le moment, il n’existe aucune stratégie thérapeutique préventive à proprement parler. La meilleure manière de se protéger contre l’arthrose consiste donc à corriger puis éliminer les différents facteurs de risques exposés plus haut : perdre du poids, diminuer son activité sportive, changer de métier, etc.
De nouvelles stratégies thérapeutiques prometteuses reposant sur des médicaments biologiques vont peut-être bientôt permettre de vivre plus facilement cette maladie. En attendant leur commercialisation une cure thermale peut toujours être bienvenue pour prendre soin de soi et freiner la maladie.

Références