Doc Santé | L’éjaculation précoce

L’éjaculation précoce, aussi appelée éjaculation prématurée, est un trouble sexuel masculin involontaire qui fait éjaculer l’homme beaucoup trop tôt lors d’un rapport sexuel. C’est le trouble sexuel le plus courant chez l’homme.

Il a été défini en 2008 par la Société Internationale de Médecine Sexuelle (ISSM) et il se base sur trois critères :

  • délai entre l’intromission du pénis et l’éjaculation inférieure à 1 minute
  • impossibilité de retarder l’éjaculation
  • sentiment d’insatisfaction ou de frustration de l’un des deux partenaires

Ce n’est pas une maladie à proprement parler puisque l’homme ayant une éjaculation précoce n’a aucun problème d’ordre physiologique. Par ailleurs, un homme sur deux serait concerné par ce trouble sexuel selon OpinionWay. Il existe deux types d’éjaculation précoce :

  • l’éjaculation prématurée primaire : lorsque l’homme éjacule de façon incontrôlée depuis son premier rapport sexuel, qu’il a une longue expérience sexuelle, des rapports répétés et un ou plusieurs partenaire(s) stable(s).
  • l’éjaculation précoce secondaire lorsqu’un homme n’ayant jamais eu de problème de contrôle de son éjaculation se retrouve soudainement confronté à des éjaculations précoces répétées au cours de sa vie sexuelle. Cela vient généralement d’un choc émotionnel.

Causes et facteurs de risque

Les causes de l’éjaculation précoce résident surtout dans la peur de l’échec qui va considérablement accélérer l’éjaculation. Mais pas seulement. En effet, d’autres causes peuvent être à l’origine de l’éjaculation prématurée comme :

  • les remarques du (de la) partenaire
  • le manque d’expérience
  • le manque de fréquence des rapports sexuels
  • les mauvaises conditions d’un rapport sexuel
  • le manque de confiance en soi
  • un sentiment de culpabilité
  • un sentiment de médiocrité

 

Il existe plusieurs facteurs de risque à une éjaculation précoce mais ils ne sont pas très bien connus. Parmi les facteurs de risque favorisant une éjaculation prématurée, on relève :

  • un(e) nouveau(elle) partenaire
  • une faible activité sexuelle
  • le sevrage de certains médicaments ou drogues
  • l’abus de certains médicaments ou drogues
  • l’abus d’alcool
  • l’anxiété

Symptômes

Ejaculation trop rapideLes symptômes sont simples à reconnaître. Si les trois conditions sont réunies, il peut être utile de consulter un médecin afin d’obtenir un traitement adéquat. Il existe donc 3 principaux sympômes qui peuvent conduire à diagnostiquer une éjaculation prématurée :

  • le temps est le premier marqueur de l’éjaculation précoce. Il est très facile de le reconnaître puisque l’éjaculation survient extrêmement rapidement, ne dépassant pas 1 minute
  • le contrôle est le deuxième symptôme. En effet, si l’homme ne peut maîtriser le moment de son éjaculation et qu’elle survient bien avant qu’il le souhaite, il souffre d’éjaculation précoce
  • la souffrance est le dernier symptôme connu. Car une éjaculation prématurée entraîne une situation de détresse personne mais aussi des problèmes relationnels dans le couple puisque les deux partenaires vont souffrir de cette situation

Complications

Il n’existe aucune complication physique à l’éjaculation précoce. Cependant, dans certains cas, il se peut que le patient soit affecté psychologiquement et se mette à présenter un état dépressif.

Traitements

Afin de traiter l’éjaculation précoce, deux traitements médicaux ont été mis au point. La Société Internationale de Médecine Sexuelle préconise une prise en charge combinée associant un traitement pharmacologique et une intervention psycho-sexuelle.

  • Traitement pharmacologique : la dapoxétine est le tout premier médicament à traiter ce trouble sexuel et est apparu sur le marché européen en 2013. La molécule est distribuée sous le nom Priligy.
  • Traitement local : produits à base de lidocaïne, qui existent en gel ou en spray. Il s’agit alors d’appliquer cet anesthésique local directement sur le gland afin de retarder au maximum l’éjaculation puisque le pénis est alors insensibilisé.
  • Prise en charge psycho-sexuelle s’impose avec un suivi régulier chez un sexothérapeute ou un psychothérapeute.