Doc Santé | Le paludisme

Le paludisme que l’on nomme aussi la malaria est la parasitose la plus fréquente au niveau mondiale : d’après les chiffres de l’OMS, près de la moitié de la population mondiale, soit 3,2 milliards de personnes, serait exposée au risque de paludisme. En 2015, on comptabilise ainsi plus de 480 000 personnes décédées et plus de 200 millions infectées par le paludisme.

En France, la forme endémique de la maladie a officiellement disparu du territoire métropolitain depuis les années 1960 (fin des années 70 pour les autres territoires). Les cas de paludisme que l’on peut observer aujourd’hui sont en effet des paludismes d’importation dus à des voyages dans des zones infectées. En 2006 il y aurait eu 5067 cas ; en 2008, 4 400 cas avaient été recensés.

Vous avez déjà entendu parler de cette maladie ? Mais qu’en est-il vraiment ? Je réponds à toutes les questions que vous pouvez vous poser.

Le paludisme, c’est quoi ?

Le paludisme est une infection vectorielle, c’est-à-dire qu’elle est transmise à l’homme par un vecteur, en l’occurrence un moustique. Le moustique en question est la femelle anophèle : elle transmet le parasite « Plasmodium » lorsqu’elle pique un humain pour se nourrir, généralement durant la nuit. On distingue 5 grands types de parasite Plasmodium mais c’est le P. falciparum qui est responsable de la très grande majorité des infections : 80 % des cas de paludisme et 90 % des décès lui sont attribués.

Le paludisme est essentiellement présent dans les zones tropicales et plus encore en Afrique Subsaharienne. Cette région concentre en effet à elle seule 89 % des cas de paludisme pour 91 % des décès.

Quels sont les symptômes ?

Infection des globules rouges par le parasite du paludismeLes symptômes les plus fréquents du paludisme apparaissent généralement approximativement 10 jours après l’infection. Il faut cependant rester attentif car ces symptômes peuvent apparaitre plusieurs mois plus tard.

Il s’agit de poussées aigues de fièvre qui s’accompagnent généralement de frissons, sudations, tremblements, vomissements, toux et diarrhées (20 à 30 % des cas) ainsi que des douleurs musculaires. Maux de tête et une importante fatigue sont souvent observés également.

Que faire, quand et à qui s’adresser ?

Si une montée de fièvre est observée suite à un voyage dans une zone à risque, le paludisme doit être envisagé et toutes les mesures nécessaires sont à prendre rapidement. Il faut prendre contact avec un centre de soin au plus vite, il s’agit d’une urgence.

Il faut par conséquent se rendre dans un centre hospitalier ou prendre rendez-vous avec votre médecin qui vous prescrira un traitement le cas échéant. Les experts estiment qu’il ne faut pas perdre de temps. Si l’infection est soupçonnée et que l’analyse parasitologique n’est pas disponible tout de suite, selon eux, il faudrait tout de même commencer le traitement antiparasitaire au plus vite, bien que le diagnostic ne soit pas confirmé.

Quels sont les traitements contre le paludisme ?

Un traitement anti-malarique sera prescrit par un professionnel de santé en fonction de la sévérité du paludisme et de la région du voyage. Au fil des années le parasite s’est adapté à certains traitements, il a muté génétiquement pour augmenter sa résistance.

Le médicament antipaludéen de référence est la chloroquine. En fonction des résistances connues méfloquine ou halofantrine ainsi que l’association pyriméthamine-sulfadoxine peuvent également être administrés.

Ces traitements sont pris par voie orale dans les cas de paludisme léger. En cas de paludisme sévère par contre, les traitements sont administrés par voies intraveineuses, généralement de la quinine durant une période allant de 2 à 4 jours.

Quels sont les facteurs de risque ?

  • Le risque majeur de contracter le paludisme est directement lié à la zone géographique présentant un fort degré de transmission. Je vous rappelle que l’Afrique Subsaharienne est particulièrement dangereuse à ce niveau-là. Un voyage durant la saison des pluies ou encore dans les zones rurales est plus propice à une contamination. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont les premiers touchés par le paludisme. Il faut donc éviter de voyager dans une zone à risque dans ces deux cas de figure.
  • Ne pas mettre en place les différentes stratégies préventives décrites ci-dessous augmente de manière considérable les risques d’infections.
  • Enfin, la prise tardive d’un traitement antipaludéen augmente les risques de complications pouvant entrainer la mort.
Régions du monde touchées par le paludisme

Régions touchées par le paludisme

Quel est la meilleure prévention du paludisme ?

La meilleure manière de prévenir le paludisme consiste avant tout à ne pas se faire piquer par un moustique infecté. Dans les zones à risque il ne faut négliger aucun moyen de protection à plus forte raison quand la nuit tombe (période d’activité privilégiée du moustique) : répulsif à base de DEET sur les parties du corps qui ne sont pas recouvertes par un vêtement, insecticide aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’habitation. Le port de vêtements blancs, épais, amples mais serrés aux chevilles et poignets et couvrant au maximum le corps. Pour dormir, l’utilisation d’une moustiquaire elle-même imprégnée avec de l’insecticide est également indispensable. La moustiquaire doit être composée de maille d’une taille inférieure à 1,5 mm.

La prévention par voie médicamenteuse ou prophylaxie est fortement recommandée dans les zones géographiques fortement infectées. Cette stratégie n’est pas sûre à 100 % et peut entrainer certains effets secondaires. Plusieurs mois avant son départ, le voyageur doit donc s’informer auprès de son médecin traitant ou se rendre dans un centre de médecine du voyage afin de mettre en place un schéma thérapeutique adapté.

Le paludisme est un véritable fléau à l’échelle planétaire. L’infection tue plus que le Sida. On estime par exemple que toutes les 45 secondes un enfant de moins de 5 ans meurt des suites de l’infection du parasite.

Cependant, les progrès avancent rapidement pour combattre la maladie. Depuis les années 2000 grâce à la prévention et les différentes stratégies de lutte contre le moustique mises en place, la mortalité a baissé de 60 %. De gros moyens sont investis dans la recherche au niveau des traitements et pour mettre au point un vaccin.

Références