Doc Santé | Le virus Zika en 10 questions

Si l’on a beaucoup entendu parler de lui ces derniers temps, le virus Zika ne date pas d’hier. Il a en effet été identifié pour la première fois en 1947 en Ouganda, dans la forêt qui lui a donné son nom. Ce virus qui se transmet par une piqure de moustique comme pour la dengue et le chikungunya est très présent en Amériques (Amérique du Sud et Amérique Centrale essentiellement).

S’il touche également Guyane et Martinique, son expansion en France Métropolitaine représente un danger « réel » d’après un rapport du Haut conseil de la santé publique (HCSP) publié en juillet 2015. Pour l’OMS, il s’agit même d’une « urgence de santé publique de portée internationale ». Mais que savez-vous réellement sur ce virus ? Connaissez-vous ses symptômes ? Existe-t-il un traitement ? Comment s’en protéger ? Je vous propose de faire le point sur le sujet en 10 questions que vous vous posez certainement.

Le virus Zika, c’est quoi ?

Il s’agit d’un arbovirus appartenant à la famille des « Flaviviridae » qui provoque la fièvre Zika chez l’être humain. Ce virus, comme pour la dengue, la fièvre jaune ou le chikungunya est transmis par la piqure d’un moustique du genre Aedes.

Comment nous infecte-t-il ?

Comme je vous le disais, l’infection se fait via un moustique (pas de contagions d’homme à homme) : famille Culicidae, genre Aedes comme Aedes aegypti et Aedes albopictus. Un moustique contaminé pique une personne et l’infecte ou un moustique sain pique un personne contaminée et devient à son tour contaminant. Quelque soit le scénario, durant 3 à 10 jours, période de développement du virus, la transmission est possible. Si une personne est contaminée, il est donc essentiel qu’elle ne se fasse pas piquer durant cette période afin de stopper le cycle des transmissions.

Quels symptômes provoque le virus Zika ?

Dans 70 % à 80 % des cas le virus est asymptomatique (absence de symptôme). Dans les autres cas, le symptôme le plus fréquent sont des éruptions cutanées accompagnées ou non de fièvre. D’autres symptômes comme fatigue, maux de têtes, conjonctivite, douleurs articulaires et musculaires peuvent également apparaitre. Ces symptômes mettent 3 à 12 jours pour se manifester chez une personne infectée par le virus. Une personne est « contaminante » durant au moins une semaine après l’apparition de ces symptômes. Un moustique sain peut donc être infecté au cours de cette période.

Quelles complications ?

Le virus Zika entraine probablement des complications d’ordre neurologique. L’apparition du syndrome de Guillain-Barré a ainsi été observée suite à des épidémies de Zika dans différentes régions du globe. Chez la femme enceinte, le virus Zika entraine probablement des malformations congénitales et notamment des microcéphalies fœtales ou néonatales : taille du crâne anormalement petite à la naissance. Des investigations épidémiologiques et diverses recherches sont actuellement en cours au Brésil et en Polynésie Française pour confirmer ou non une relation de cause à effet entre la recrudescence de ces complications et l’infection du virus du Zika.

Comment savoir si on est infecté ?

Si un doute apparait quant à l’infection au virus Zika ou non (apparition de symptômes, voyages dans une zone à risque…), il faut effectuer une prise de sang et un prélèvement d’urine afin d’identifier la présence du génome du virus. Si le résultat de ces examens est négatif mais qu’une suspicion persiste du fait de symptômes évocateurs, l’analyse du sérum (constituant du plasma sanguin) peut être réalisée. La sérologie ne pourra être réalisée que dans le Centre National de Référence des Arboviroses de Marseille, seul laboratoire en mesure de procéder à ce type d’examen : la présence d’anticorps de la maladie Zika va alors être recherchée.

Quel traitement contre le virus Zika ?

Actuellement il n’existe aucun traitement antiviral et aucun vaccin actif contre le virus Zika. C’est donc un traitement symptomatique qui est recommandé. Ce traitement se base sur la prescription d’antalgiques pour faire baisser la fièvre et la douleur. Par exemple la prise de paracétamol. L’aspirine est par contre fortement déconseillée à cause des risques de saignements. De plus, les anti-inflammatoires ne sont pas non plus indiqués. Enfin, il est conseillé de boire beaucoup d’eau pour éviter tout risque de déshydratation.

Femmes enceintes : quelles recommandations et précautions ?

Etant donné que les complications les plus sévères concernent le fœtus et le nouveau-né, les femmes enceintes doivent prendre toutes les mesures de précautions qui s’imposent pour éviter la piqure de moustique et donc la contagion au virus, à plus forte raison durant les 6 premiers mois de la grossesse.

L’utilisation d’un répulsif adapté (liste consultable sur le site du Ministère de la Santé) est par conséquent fortement recommandé. En plus de cette protection chimique, des protections physiques doivent également être mises en place : port de vêtements larges recouvrant tout le corps, utilisation de moustiquaires (avec répulsif) à l’intérieur du logement.

Les femmes enceintes qui vivent dans des zones à risque doivent être particulièrement vigilante et bénéficier d’un suivi médical adapté. Celles qui envisagent de voyager dans des zones à risques doivent consulter un médecin pour prendre pleinement conscience des dangers encourus et bénéficier d’une information approfondie sur les techniques de préventions individuelles.

Enfin, les nouveau-nés âgés de moins de deux mois, ne pouvant pas recevoir de répulsifs corporels, doivent porter des vêtements larges recouvrant leur corps. De plus, une moustiquaire imprégnée de répulsif doit être installée sur les poussettes et berceaux.

Quelles mesures de protection doit-on mettre en œuvre ?

Comme je vous le disais, les premiers réflexes à mettre en place en cas d’exposition au virus Zika sont l’application de répulsifs corporels, le port de vêtements larges (qui ne collent pas à la peau) et long (recouvrant bras et chevilles) et de vêtements larges eux-mêmes imprégnés de répulsifs (insecticides spécial tissus), l’utilisation de moustiquaires également imprégnées de répulsifs. D’autres mesures supplémentaires peuvent être mises en place : diffuseurs électriques dans les maisons, bandes collantes avec insecticides qui se fixent en hauteur, projection d’insecticides au niveau des portes et des fenêtres. Pour éviter la prolifération et multiplication des moustiques, tous les récipients contenant de l’eau stagnante (pot de fleurs, bouteille, sceau, brouette…) doivent être jetés, vidés ou l’eau remplacée régulièrement. Un traitement larvicide peut également être vaporisé sur tous ces récipients. Les récipients destinés au stockage de l’eau doivent être fermés de manière hermétique ou équipés d’une moustiquaire.

Infection suite à un voyage, que faire ?

Il faut consulter au plus vite un médecin afin qu’ils vous prescrivent des médicaments adaptés. Vous devez également être très vigilant et éviter toute piqure pour ne pas infecter un autre moustique qui sera alors en mesure de contaminer une autre personne. Notez que les premiers symptômes peuvent tarder jusqu’à 12 jours après le départ d’une zone à risque avant de se manifester. Destination et dates de voyage doivent donc toujours être précisées au médecin.

Epidémie en France métropolitaine ?

Etant donné que le moustique Aedes albopictus, vecteur du virus Zika est présent en France, une épidémie est en théorie possible : il suffit qu’un moustique pique une personne infectée pour être contaminé et contaminé à son tour d’autres personnes.

Cependant, une surveillance renforcée est mise en place durant la période d’activité du moustique (mai à novembre) dans les départements où il est implanté (Sud de la France) et bien que le risque soit réel, toute prolifération semble donc peu probable d’autant plus que le risque d’infection est pratiquement nul en période d’inactivité (décembre à avril).

 

Sources et liens utiles